Détail

Syndrome des jambes sans repos : les canadiennes-françaises seraient davantage affectés

Ce trouble neurologique se traduit par un besoin irrépressible de bouger les jambes et concerne 10 à 15 pour cent de la population.
 
Le syndrome des jambes sans repos, un trouble neurologique qui cause un besoin irrépressible de bouger ses jambes et semble être une maladie héréditaire touchant davantage les membres féminins des familles concernées, pourrait également être causé par un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux. Selon les résultats d’une étude de grande envergure publiés dans Archives of Neurology, les enfants des personnes présentant ce syndrome ont trois fois plus de chances de développer cette maladie.

Cette recherche, qui prend appui sur les résultats d’études antérieures, suggère que cette maladie présente un tropisme familial. L’investigation est une collaboration entre des chercheurs de l’Université de Montréal, du CHU-Sainte-Justine, du Centre de recherche du CHUM, de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, de l’Institut de cardiologie de Montréal, de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et de l’Université McGill.

« Jusqu’à présent, peu d’études cliniques systématiques de grande envergure ont cherché à mesurer le degré d’héritabilité du syndrome des jambes sans repos au sein des familles. Pourtant, ces informations sont essentielles pour mener des études génétiques et découvrir les causes de cette maladie », a déclaré le Dr Guy Rouleau, auteur principal de cette étude, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, directeur du Centre de recherche du CHU-Sainte-Justine et scientifique au Centre de recherche du CHUM.

L’équipe de recherche a étudié 671 personnes auxquelles on avait diagnostiqué un syndrome des jambes sans repos au Québec : 192 ont fait l’objet d’une évaluation dans un centre spécialisé dans l’étude du sommeil et les 479 autres membres de leurs familles ont pris part à des entretiens diagnostiques. L’étude a révélé que 77 % des cas dont un des membres de la famille avait fait l’objet d’un diagnostic de syndrome des jambes sans repos présentaient également ce trouble. D’ici l’âge de 60 ans, les enfants des personnes atteintes de ce syndrome avaient 3,6 fois plus de chances de présenter les symptômes de cette maladie et 1,8 fois plus de risques de la développer vers l’âge de 40 ans.

« Dix à 15 % des Canadiens-Français sont concernés par le syndrome des jambes sans repos, qui reste pourtant un trouble neurologique souvent mal diagnostiqué. Le syndrome familial des jambes sans repos est une maladie chronique d’une durée moyenne de 24 ans. Il concerne les personnes de tout âge et se manifeste habituellement avant l’âge de 30 ans. La plupart des membres des familles ayant fait l’objet de ce diagnostic présentent des symptômes modérés, précise l’auteure principale de l’étude, Lan Xiong, qui est chercheuse à l’Université de Montréal. Nos résultats indiquent que le syndrome familial des jambes sans repos est plus fréquent chez les membres féminins des familles, et notamment chez les femmes qui présentent une anémie ou une carence en fer et ont eu plusieurs grossesses. »

L’équipe de recherche pense que le caractère familial du syndrome des jambes sans repos est dû à certaines influences génétiques ou à des facteurs environnementaux, voire à une combinaison des deux. « Le caractère familial de cette maladie devrait intéresser tous les médecins appelés à la prendre en charge, au même titre que les généticiens et les épidémiologistes, précise le Dr Rouleau. Nous recommandons également que les chercheurs et les cliniciens se penchent sur le rôle des facteurs de risque environnementaux et des facteurs de prédisposition génétique sur la survenue de ce syndrome dans les familles. »

Partenaires de recherche

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et la Fondation du syndrome des jambes sans repos.

À propos de l’étude

L’article « Family Study of Restless Legs Syndrome in Quebec, Canada », publié dans Archives of Neurology, est signé Lan Xiong, Anastasia Levenko, Pascale Thibodeau, Claudia Gaspar et Guy A. Rouleau de l’Université de Montréal; Jacques Y. Montplaisir et Alex Desautels de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, Amina Barhdadi et Marie-Pierre Dubé de l’Institut de cardiologie de Montréal, Gustavo Turecki de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et de l’Université McGill.

Sur le Web

Archives of Neurology : http://archneur.ama-assn.org
Université de Montréal : www.umontreal.ca
Centre de recherche du CHUM : www.crchum.qc.ca
Centre de recherche du CHU Sainte-Justine : www.recherche-sainte-justine.qc.ca
Institut de cardiologie de Montréal : www.icm-mhi.org
Institut universitaire en santé mentale Douglas : www.douglasresearch.qc.ca
Université McGill : www.mcgill.ca


Personne-ressource auprès des médias
Sylvain-Jacques Desjardins
Attaché de presse international
Université de Montréal
Téléphone : 514 343-7593
Courriel : sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca
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