Détail

Le plongeon… un risque réel mais oublié

Montréal, le 18 juillet 2007 – Enfin les vacances! La fin juillet est la période privilégiée de vacances pour une majorité de Québécois. Malheureusement, c’est au cours de cette période que les accidents liés à la baignade et au plongeon surviennent le plus. Le Centre d’expertise pour les personnes blessées médullaires de l’Ouest du Québec (CEBMOQ) se joint à la Société de sauvetage et à l’Association des paraplégiques du Québec afin de rappeler à la population les risques associés aux plongeons.

Au cours des dernières années, le CEBMOQ a traité en moyenne annuellement 6 personnes ayant subi une fracture à la colonne vertébrale à la suite d’un plongeon en eau peu profonde. Depuis quelques années, cette moyenne tend à augmenter. Cette année, le CEBMOQ a déjà traité 5 nouveaux blessés, seulement pour la période du 11 juin au 6 juillet. Trois d’entre eux ont subi des lésions à la moelle épinière.

La docteure Géraldine Jacquemin, physiatre à l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal et à l’Institut de réadaptation de Montréal, s’inquiète de cette tendance. Elle explique que « les lésions de la moelle épinière (blessures médullaires) résultant d’un tel accident entraînent parfois la mort par noyade des victimes ou causent des dommages souvent irréversibles qui provoquent une paralysie des quatre membres (tétraplégie). De telles blessures sont lourdes de conséquences sur la santé et la vie de la personne blessée, alors que de simples précautions peuvent les éviter ».

Plonger sûrement

Le CEBMOQ, la Société de sauvetage et l’Association des paraplégiques du Québec invitent la population à profiter pleinement des joies de la baignade en évitant de plonger lorsqu’on ne connaît pas les lieux ni la profondeur de l’eau, lorsque le lieu n’est pas éclairé le soir ou lorsque l’on a consommé de l’alcool.

« Même si l’endroit est connu, il est essentiel d’en évaluer régulièrement la profondeur et de vérifier les irrégularités du fond de l’eau. Un minimum de trois mètres de profondeur est nécessaire pour qu’un plongeon soit plus sûr. Le niveau d’eau et le fond des lacs et des rivières subissent de perpétuels changements, réservant de dangereuses surprises lors du plongeon », rappelle M. Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage. Ce dernier rappelle aussi l’importance d’éviter de consommer de l’alcool lors de la baignade.

Les jeunes hommes plus à risque

Les personnes blessées médullaires sont généralement des hommes âgés de moins de 30 ans. Et dans 50 % de ces accidents, les victimes ont consommé de l’alcool. Les blessures causées à la suite de plongeons surviennent dans le tiers des cas dans des piscines hors-terre, un autre tiers dans les lacs et les rivières et le dernier tiers dans la mer et les piscines creusées privées.

Une vie bouleversée

Les personnes blessées médullaires à la suite d’un plongeon en eau peu profonde ont une espérance de vie d’environ 30 ans après l’accident. « Cependant, elles doivent avoir un suivi médical régulier et des soins médicaux à vie. Elles vivent un ensemble de troubles fonctionnels et doivent souvent utiliser un fauteuil roulant. Elles rencontrent également différents obstacles dans la vie quotidienne et pour remplir leur rôle dans la société », témoigne M. Simon Lortie, lui-même tétraplégique à la suite d’un mauvais plongeon qui a fait basculer sa vie en 1999. Depuis trois ans, il est conseiller en intégration à l’Association des paraplégiques du Québec.

Monsieur Cédric Girard, blessé en 2005, en sait aussi quelque chose. Alors âgé de 25 ans, il se fracture la colonne vertébrale à la suite d’un plongeon dans une piscine creusée. Bien qu’il ait récupéré une partie de son autonomie et de sa mobilité, cet accident a transformé sa vie, puisqu’il n’a pas pu retrouver son emploi dans un centre sportif.

En 2005 aussi, à l’âge de 20 ans, monsieur Charles Leclerc s’est blessé en plongeant dans un lac, provoquant une lésion complète de sa moelle épinière. Désormais tétraplégique, il a dû revoir ses projets d’études.

Des drames et des coûts qui peuvent être évités

Quant au directeur général de l’APQ, M. Walter Zelaya, il affirme sans détour « que la très grande majorité d’accidents de plongeon sont des drames qui auraient pu être évités, si ceux qui sont devenus victimes et leur entourage avaient été informés des dangers qu’ils encouraient ». Monsieur Zelaya rappelle les conséquences directes que subissent les accidentés mais également leur entourage et leur famille, qui doivent composer avec de nouvelles réalités. Outre l’impact humain, la blessure médullaire engendre des coûts directs importants qui varient entre 1,25 million $ et 25 millions $ pour toute la vie de la personne, selon la sévérité de la blessure. À ces montants, il faut ajouter les coûts indirects de la lésion médullaire, résultat des pertes reliées à l'emploi, à la productivité et aux soins continus.

Le Centre d’expertise pour les personnes blessées médullaires de l’Ouest du Québec

Créé en 1997, le CEBMOQ est constitué de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, de l’Institut de réadaptation de Montréal et du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau. C’est le seul centre de l’ouest du Québec désigné par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour offrir la gamme complète des soins et services ultraspécialisés que requiert une victime d’un traumatisme à la moelle épinière.

La Société de sauvetage

La Société de sauvetage est un organisme humanitaire dont la raison d’être est la préservation de la vie humaine par la prévention des traumatismes associés à l’eau. L’organisme est également administrateur du Fonds Simon-Pierre, qui vient en aide aux victimes de traumatismes associés à l’eau.

L’Association des paraplégiques du Québec

L’Association des paraplégiques du Québec, grâce à ses services d’aide à l’emploi et à ses conseillers en intégration, favorise l’intégration sociale des personnes blessées médullaires et contribue ainsi à diminuer les coûts indirects reliés à la blessure médullaire.  

Opportunités de photos :

Kiosque de sensibilisation

Le jeudi 19 juillet, de 13 h à 16 h, l’Association des paraplégiques du Québec tiendra une activité de sensibilisation à la piscine du Parc Chénier, au 5555, av. de l’Aréna, à Ville d’Anjou.

Simulation de sauvetage

Avec l’appui de la Société de sauvetage, le samedi 21 juillet, plusieurs simulations se dérouleront simultanément à 14h dans plusieurs piscines publiques de la province afin de sensibiliser la population aux comportements sécuritaires à adopter lors d'activités aquatiques ou nautiques. Visitez le www.sauvetage.qc.ca pour la liste des centres aquatiques participants.

Renseignements :
Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal et CEBMOQ, 514 338-2222, poste 3248.
Société de sauvetage, 514 252-3100, poste 3726.
Simon Lortie ou Walter Zelaya, Association des paraplégiques du Québec, 514 341-7272.

Retour

Affilié à l'Université de Montréal