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Survivre à un traumatisme crânien? Ça change une vie.

Pour souligner de la Semaine des personnes traumatisées crâniennes, l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal a sensibilisé les jeunes aux séquelles d’un traumatisme crânien. Le bilan d’un grave accident de la route fait souvent état du nombre de personnes tuées et de celles dont on ne craint plus pour leur vie. Mais savons-nous ce que la vie réserve aux survivants?

L’équipe du Programme de traumatologie de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal (HSCM) s’est joint à l’Association québécoise des traumatisés crâniens, la Corporation d’urgences-santé, la Fondation Pensez d’Abord Québec, l’Hôpital juif de réadaptation et le Service de protection des citoyens de Laval afin de présenter, le mardi 13 mai dernier, une activité de sensibilisation devant quelque 200 élèves de 5e secondaire de l’école Mont-de-La Salle à Laval.
Les témoignages d’Enrico et de Fanny, deux jeunes adultes souffrant d’un traumatisme crânien, ont été particulièrement écoutés. Le message délivré a été clair : la pensée magique du ‘Ça arrive qu’aux autres’, eux n’y croient pas. Ils en sont la preuve et ont démontré un courage hors du commun pour venir dire dans leurs mots ce qui leur est arrivé.

Les jeunes de l’école ont applaudi à tout rompre, la matinée a été très riche en informations et en émotions. Mise en scène, vidéos et conférenciers, le programme était chargé; il faut dire que ‘Survivre à un traumatisme crânien? Ça change une vie.’

Rien ne remplace une partie le cerveau

Pour M. Michel Dumas, agent d’intervention communautaire au Service de protection des citoyens de Laval, il est important d’agir pour créer un impact auprès des jeunes parce que les statistiques sont inquiétantes. Il explique : « les données de la SAAQ dénotent que seulement un conducteur de véhicule de promenade sur trois respecte la limite de vitesse. C’est aussi la deuxième plus importante cause d’accident, après l’alcool au volant. » Le directeur des communications chez Urgences-santé, M. André Champagne, déclare pourquoi il partage cette préoccupation « parce que chaque année, nous sommes appelés à intervenir auprès d'un grand nombre de personnes présentant un traumatisme crânien. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous réitérons l'importance de la prévention afin de contribuer à diminuer le nombre de victimes. »

Autre fait préoccupant, la SAAQ constate que les jeunes de 16 à 24 ans représentent 10 % des détenteurs de permis mais constituent 24 % des conducteurs impliqués dans les accidents avec dommages corporels. Le Dr Pierre Y. Garneau, chirurgien traumatologue à l’HSCM, s’inquiète de cette tendance et souhaite mettre en garde les jeunes sur les comportements à risques ou dangereux qui peuvent entraîner un traumatisme crânien. Il explique que « les lésions au cerveau résultants d’un accident entraînent parfois la mort ou causent des dommages souvent irréversibles dont les conséquences peuvent être importantes sur la santé et la vie de la personne blessée. » Il souligne également « que la très grande majorité des accidents sont des drames qui auraient pu être évités ».

Sa vie n'est plus en danger, sauf que...

Survivre à un traumatisme crânien peut signifier le début d’un retour à la vie long et ardu. Un processus que connaît bien Mme Martha Visintin coordonnatrice administrative du programme de traumatologie de l’Hôpital juif de réadaptation. Elle tient à sensibiliser les jeunes au fait que malgré tous les moyens mis en place pour favoriser une récupération physique et cognitive optimale, les séquelles sont souvent importantes et limitent le retour au niveau de vie antérieur. « Nous sommes confrontés quotidiennement aux impacts indéniables d’un traumatisme crânien sur les activités de la vie quotidienne d’une personne et son retour aux activités scolaires, sociales, sportives et professionnelles ainsi que pour ses proches. »

Des blessures lourdes de conséquences

En plus d’apprendre à vivre avec leurs blessures, les personnes traumatisées cranio-cérébrales doivent réintégrer une société qui n’est pas toujours bien préparée à les recevoir. Le directeur général de l’Association québécoise des traumatisés crâniens (AQTC), M. Pierre Mitchell, constate que la problématique est très peu connue. « Bien peu de gens savent qu’après un traumatisme crânien modéré ou sévère, une personne gardera des séquelles permanentes qui l’empêcheront de reprendre ses activités antérieures à l’accident. Dans le cadre de la semaine des personnes traumatisées crâniennes, il nous appert important de participer à cette activité de sensibilisation auprès des jeunes, qui sont malheureusement, plus à risques de comportements dangereux. »

La prévention passe par l’éducation

C’est d’ailleurs la mission que s’est donnée la Fondation Pensez d’Abord Québec : sensibiliser la population, les jeunes en particulier, à la prévention des traumatismes crâniens et médullaires. Par ses programmes scolaires, la Fondation vise l’éducation des jeunes, en les éveillant aux conséquences de leurs actes et prévoit le renforcement de leur autonomie en les amenant à faire des choix plus judicieux.

« Pensez d’Abord s’efforce de préserver la santé de la ressource la plus précieuse de notre pays, c’est-à-dire… nos enfants », affirme sans détour Mme Natalie Auclair, directrice administrative. « Nous croyons que les jeunes doivent se servir de leur tête pour protéger leurs corps. »

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